Tout au long des recherches présentées sur ce site, nous nous heurtons régulièrement au même problème : la transcription des noms germanophones dans les sources américaines.
Les interlocuteurs américains de nos Alsaciens écrivent souvent les patronymes comme ils les entendent. Un T peut remplacer un D, certaines consonnes disparaissent, d’autres sont ajoutées, et certains noms sont parfois franchement anglicisés. Surtout, cette transcription peut varier d’un document à l’autre, voire d’un interlocuteur à l’autre.
Le premier écueil apparaît dès le manifeste de l’Adeline.
La plupart des passagers français sont aujourd’hui identifiés. Il reste cependant plusieurs noms que je n’ai pas réussi à lire avec certitude ni à rattacher à une personne précise.
Sur la première page du manifeste, à la ligne 22, figure un Français âgé de 23 ans, prénommé Jean. Son patronyme semble pouvoir se lire « Schirst ». Faut-il en réalité lire Sigrist ou Siegrist ? Et surtout, de quel village venait-il ?
Sur la deuxième page, les lignes 28 à 35 semblent appartenir à une même famille que je n’ai pas réussi à identifier. Malgré des prénoms assez inhabituels — en tout cas très différents de ceux portés par les autres passagers du groupe — aucune identification certaine n’a encore été possible. Le nom de famille inscrit sur le manifeste ressemble à « Schrenz » ou « Schreuz ».
Il y a également le passager de la ligne 9. Son nom semble se lire « Hindenlag », sans doute une transcription de Hindelang ou Hindenlang, deux formes que l’on rencontre dans le Bas-Rhin, notamment à Schleithal. Malheureusement, aucun prénom n’est indiqué sur le manifeste.
À Schleithal, seuls trois garçons portant ce patronyme naissent vers 1814 : l’un en 1812, un autre en 1813 et un dernier en 1816.
Une piste possible, sans aucune certitude, serait Michel Hindelang, né à Schleithal le 16 mai 1813, fils de Jean Hindelang et de Barbe Lutz. Son âge correspond presque exactement à celui attendu. Un autre élément rend cette hypothèse intéressante : sa grand-mère paternelle, Marie Ève Dietenbeck, était la sœur de Sybille Dietenbeck, elle-même mère de Jean Paul. Or, sur le manifeste, le jeune Hindelang apparaît immédiatement avant Jean Paul.
Cela ne permet évidemment pas d’affirmer qu’ils voyageaient ensemble, ni que ce passager est bien Michel Hindelang. Mais l’ensemble constitue une piste suffisamment cohérente pour être retenue.
Parmi les 69 passagers français, 10 restent donc non identifiés à ce jour.
Toute piste permettant de préciser la lecture de ces noms ou d’identifier avec certitude ces passagers est évidemment la bienvenue.
Pour consulter le manifeste complet et les statistiques générales du voyage : Le manifeste de l’Adeline — New York, juin 1833.

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