1833 : l’émigration vers l’Amérique vue dans la presse allemande

Lorsque les familles de Schleithal quittent Le Havre à bord de l’Adeline, le 17 mai 1833, leur départ s’inscrit dans un mouvement bien plus vaste. Depuis plusieurs mois, les journaux de langue allemande rendent compte de groupes d’émigrants en route vers les ports, de familles qui vendent leurs biens, d’agents qui organisent les départs, de lettres arrivées d’Amérique et des premières mises en garde contre les illusions entretenues autour du Nouveau Monde.

Une recherche systématique dans la presse numérisée de 1833 permet de suivre ce mouvement presque semaine après semaine. Ces articles ne parlent pas de nos familles de Schleithal, mais ils montrent le monde dans lequel leur départ a lieu, et permettent de replacer les 69 Alsaciens de l’Adeline dans le contexte de cette année d’émigration.

Dès février, les départs se multiplient

Le 10 février 1833, la Düsseldorfer Zeitung reprend une correspondance de Spire datée du 6 février. Le journal qui lui sert de source aurait calculé que pas moins de 800 personnes avaient quitté la Bavière rhénane en un seul mois.

Le phénomène retient d’autant plus l’attention que les émigrants ne sont plus présentés uniquement comme des personnes sans ressources. Le correspondant affirme que l’on y trouve des gens aisés, voire très riches, dont certains possèdent, selon lui, des fortunes de 100 000 florins et plus. Le journal accompagne toutefois cette information d’une mise en garde : il souhaite à ces candidats au départ ne pas avoir un jour à regretter amèrement leur décision. [1]

Deux jours plus tard, le 12 février, l’Alsace apparaît directement dans les journaux.

“Le désir d’émigrer vers l’Amérique se manifeste de nouveau dans notre Alsace.”

La cherté des denrées alimentaires et le poids des impôts sont cités comme les principaux motifs. Le même entrefilet mentionne M. Solms, qui possède un établissement spécialement consacré à l’expédition des émigrants et affirme avoir fait partir 2 000 personnes au cours de l’année précédente. [2]

Cette mention est particulièrement intéressante pour nous. Elle montre qu’au moment même où les familles de Schleithal commencent à liquider leurs biens en vue de leur départ, l’émigration vers les États-Unis est suffisamment importante en Alsace pour être commentée dans la presse allemande.

Des départs qui s’organisent collectivement

Les journaux montrent également que l’émigration ne résulte pas toujours de décisions familiales prises isolément.

Le 27 février, Der kölnische Correspondent rapporte qu’à Friedrichsdorf, colonie fondée par des réfugiés huguenots français dans le landgraviat de Hesse-Hombourg, la population se prépare à partir « en masse » pour l’Amérique du Nord.

Plus intéressant encore : les futurs émigrants avaient préalablement envoyé un commissaire en Amérique pour se renseigner sur les conditions d’installation. Celui-ci était revenu avec des informations jugées favorables. Le journal ajoute que de nombreux candidats au départ se manifestent également en Hesse et dans le Nassau et que la plupart emportent avec eux un patrimoine plus ou moins important. [3]

Quelques jours plus tard, une dépêche de Cassel donne une idée de l’ampleur que pouvaient prendre certains déplacements. Plus de 2 000 émigrants originaires du sud de l’Allemagne, répartis en plusieurs colonnes, auraient traversé la ville en direction de Münden, où ils devaient embarquer. Le texte précise qu’ils emportaient d’importantes sommes d’argent et qu’un minimum de 500 florins par personne était exigé pour appartenir à cette “société”. [4]

Ce témoignage montre clairement que certains départs étaient préparés et structurés bien avant l’arrivée au port.

Des candidats au départ souvent propriétaires

Cette présence d’émigrants disposant de biens revient régulièrement.

À Fribourg-en-Brisgau, le 18 mars, une correspondance signale que le désir d’émigrer vers l’Amérique se répand rapidement et que beaucoup de ceux qui envisagent de partir sont “ Vermögliche”, c’est-à-dire des personnes disposant de moyens financiers. [5]

Le constat rejoint ce que nous avons découvert à Schleithal dans les actes notariés du printemps 1833. Nicolas Grether, Jean Grether, Gaspard Dietenbeck, Jean Paul et Jean-Jacques Boeshertz vendent des maisons, des terres ou d’autres biens avant leur départ.

L’émigrant de 1833 n’est donc pas nécessairement un pauvre homme sans patrimoine. Pour certaines familles, émigrer signifie, au contraire, transformer un patrimoine immobilier et agricole en argent disponible pour financer le voyage et l’installation en Amérique.

Cela ne signifie évidemment pas que tous les émigrants appartiennent au même milieu social, mais les coupures de presse, comme les actes de Schleithal, invitent à se méfier de l’image trop simpliste d’une émigration exclusivement composée de miséreux.

Un véritable commerce de l’émigration

Le développement de ces départs fait également apparaître tout un monde d’intermédiaires.

Le 1er avril, Der kölnische Correspondent publie un texte particulièrement sévère sur les agents de l’émigration. Il emploie même le terme “Menschenhandel”, littéralement “ commerce d’êtres humains”.

Le texte indique que des agents sont désormais présents dans presque toutes les villes. Certains travaillent pour des maisons de Brême ; d’autres exercent pour leur propre compte. Le journal ne les place cependant pas tous sur le même plan et distingue les pratiques des différents intermédiaires. [6]

Cette activité, nous l’avons déjà rencontrée dans l’article sur les annonces commerciales de l’époque : les agents proposent aux candidats, dès le départ, l’organisation du voyage, le transport jusqu’au port et la traversée de l’Atlantique.

Un autre exemple, découvert plus tard dans l’année, est celui de G. Peuscher à Darmstadt. Celui-ci s’était présenté comme Kommissionär und Spediteur, ainsi que comme propriétaire d’un bureau général de commission et d’affaires. Dès le printemps 1832, il proposait aux émigrants de Hesse, de Bade et du Wurtemberg de les conduire depuis Oppenheim ou Bingen jusqu’à un port hollandais, puis en Amérique du Nord, pour un prix annoncé à l’avance jusque dans les auberges.

La presse de 1833 rapporte toutefois son cas en termes très défavorables : Peuscher aurait finalement quitté Darmstadt en secret, laissant derrière lui sa famille et ses créanciers. [7]

Sur le Rhin, des convois entiers

À l’approche du printemps, les émigrants deviennent visibles sur les routes et les rivières.

Le 23 avril, deux bateaux descendant le Rhin provoquent une certaine agitation dans la région de Strasbourg et de Kehl. Une rumeur les présente d’abord comme transportant des réfugiés polonais. Lorsque les bateaux arrivent au pont de Kehl, on découvre qu’il s’agit en réalité de plusieurs familles suisses qui émigrent vers l’Amérique. La Kölnische Zeitung évalue leur nombre à environ 330 personnes. D’autres journaux donnent cependant le chiffre de 130. Cette divergence nous rappelle les précautions à prendre lors de l’utilisation de ces informations de presse. [8]

Quelques semaines plus tard, des Wurtembergeois apparaissent sur le Rhin.

Le Havre, avril 1833

Le port qui nous intéresse le plus apparaît naturellement dans ces journaux.

Une correspondance du Havre, datée du 21 avril, relate une scène survenue la veille à bord d’un navire américain qui devait transporter 150 émigrants souabes vers La Nouvelle-Orléans.

Au moment où le navire quitte la rade et que la côte disparaît de leur vue, un ecclésiastique présent parmi eux distribue le pain consacré aux émigrants agenouillés. Le correspondant décrit ces hommes et ces femmes, priant silencieusement tout en regardant l’Europe s’éloigner. [9]

La scène se déroule moins d’un mois avant le départ de l’Adeline. Comment, devant cette image, ne pas faire le lien avec nos migrants ?

Quelques jours plus tard, une autre information donne une idée de l’activité du port. Le 4 mai, le journal Westphalia rapporte qu’environ 1 000 émigrants allemands ont récemment traversé Rouen pour s’embarquer au Havre à destination des États-Unis.

Le correspondant remarque, lui aussi, la présence de nombreux émigrants appartenant aux catégories aisées et aux classes supérieures, ces derniers provenant principalement de la Bavière rhénane. [10]

Pendant que les Dietenbeck, Grether, Hemmerlé, Paul, Boeshertz et Schoenenberger achevent leurs préparatifs, la presse allemande continue d’enregistrer d’autres mouvements vers l’Amérique.

Et presque simultanément, la presse allemande continue d’enregistrer d’autres mouvements vers l’Amérique.

Le 18 mai, trois bateaux chargés d’émigrants glissent et passent sur le Rhin devant Coblence. Ils transportent environ 300 Wurtembergeois, principalement originaires de la région du Neckar. Le journal précise qu’il se trouve parmi eux des cultivateurs aisés.

Leur destination est particulièrement intéressante : ils veulent s’installer dans l’Ohio. [11]

Trois jours plus tard, le 21 mai, une nouvelle correspondance de Coblence signale le passage d’un autre bateau transportant plus de cent émigrants de la région de Heilbronn.

« Auch sie gedenken, sich im nordamerikanischen Staate Ohio anzusiedeln. »

« Eux aussi envisagent de s’établir dans l’État nord-américain de l’Ohio. » [12]

Le “Auch sie” — “eux aussi” — renvoie précisément aux 300 Wurtembergeois signalés quelques jours auparavant.

Ces deux informations sont particulièrement intéressantes pour notre histoire. Au moment même où les familles de Schleithal traversent l’Atlantique, l’Ohio apparaît dans la presse comme destination de plusieurs centaines d’autres émigrants allemands.

À Fribourg, deux cents personnes partent

Le 19 mai, deux jours seulement après le départ de l’Adeline, environ 200 personnes quittent Fribourg-en-Brisgau pour l’Amérique.

Le journal parle de la « première division » des émigrants. Leur point de rassemblement doit être Riegel.

Le départ semble avoir été un événement local. Des étudiants et des habitants voulaient accompagner les émigrants jusqu’au lieu de rassemblement. L’administration universitaire interdit cependant aux étudiants d’y participer, tandis que la police prend des dispositions aux portes de la ville pour empêcher le discours d’adieu que le chef du groupe projetait de prononcer. [13]

Quelques semaines plus tard, le 16 juin, 112 émigrants du Brisgau quittent Le Havre à bord d’un navire prussien pour l’Amérique.

Parmi eux se trouve le docteur Weiland, présenté comme président de leur société. Depuis Le Havre, celui-ci raconte avoir rencontré à plusieurs reprises Lafayette à Paris et avoir reçu de lui plusieurs lettres de recommandation, dont une adressée au président des États-Unis, Andrew Jackson. [14]

Nous ne pouvons pas établir, à ce stade, que ces 112 personnes correspondent à une partie des quelque 200 émigrants partis de Fribourg le 19 mai. Les deux informations appartiennent néanmoins au même contexte migratoire du Brisgau et mériteraient une recherche spécifique.

Mais comment décidait-on de quitter son village ?

Les journaux donnent au moins une partie de la réponse : les nouvelles envoyées par ceux qui étaient déjà partis.

Une correspondance de Cassel du 19 avril explique que les nouvelles reçues d’habitants partis l’année précédente pour les États-Unis sont si favorables qu’elles ont incité de nombreuses autres personnes à émigrer à leur tour en 1833.

Le texte mentionne notamment un riche capitaliste dont le frère, installé à Philadelphie, aurait acquis une importante fortune et qui prévoit lui aussi de partir pour l’Amérique. [15]

Ce mécanisme apparaît encore plus clairement dans une longue lettre envoyée de Neu-Bremen, Ohio, et datée du 8 octobre 1832, publiée dans Das Sonntagsblatt durant l’été 1833.

Son auteur raconte minutieusement son voyage : départ d’Altona, traversée de l’Atlantique, arrivée à Baltimore, puis progression vers l’intérieur du pays jusqu’à l’Ohio. Le voyage a été dramatique. Plusieurs passagers meurent pendant la traversée. Son propre fils décède à Baltimore et un autre compagnon succombe au choléra. Pourtant, arrivé en Ohio, le ton change. L’auteur décrit les terres disponibles, les prix, les salaires et les nouvelles implantations allemandes. Il affirme avoir acheté 240 acres pour 300 dollars.

Surtout, la lettre devient elle-même un instrument d’émigration. Il invite explicitement un correspondant à venir et à amener avec lui autant de jeunes hommes et de jeunes femmes que possible, à condition qu’ils puissent payer leur passage. En quelque sorte, venez aussi ! [16]

Nous voyons ainsi concrètement comment une lettre familiale, une fois reproduite dans un journal, pouvait devenir un véritable texte de recrutement.

Cependant, toutes les nouvelles d’Amérique ne sont pas enthousiastes.

Dans une lettre écrite à Cincinnati le 6 décembre 1832, et publiée en 1833, Friedrich Rese, alors administrateur du diocèse de Cincinnati, livre une vision beaucoup plus nuancée.

Il affirme qu’un très grand nombre d’Allemands sont arrivés cette année-là et estime que certains promoteurs de l’émigration, notamment Stallo, en ont beaucoup trop dit et écrit. Selon lui, beaucoup d’émigrants regrettent d’abord leur départ, sans disposer des moyens financiers nécessaires pour revenir.

Il résume son jugement ainsi :

« Amerika ist ein sehr gutes Land, hauptsächlich für arme Leute, wenn sie Gesundheit genießen; allein es ist das nicht, was sich viele exaltirte Köpfe davon einbilden. »

En substance : l’Amérique est un très bon pays, principalement pour les pauvres s’ils jouissent d’une bonne santé, mais elle n’est pas ce que beaucoup d’esprits exaltés s’en imaginent.

Rese donne également une information particulièrement intéressante : Cincinnati est habituellement le point de rassemblement, à partir duquel les immigrants se dispersent ensuite dans toutes les directions. [17]

Un autre correspondant installé à Cincinnati, le cantor Evers, insiste, quant à lui, sur une difficulté très concrète : la langue anglaise. Les artisans compétents peuvent trouver des opportunités, écrit-il, mais les personnes sans capital, sans métier ou incapables de travailler dur risquent de rencontrer de sérieuses difficultés. [18]

Ces témoignages ne disent donc pas tous la même chose. Et c’est précisément ce qui les rend intéressants.

À l’automne, les départs continuent en Alsace du Nord

L’émigration n’est pas terminée avec les grands départs du printemps.

Une correspondance datée de Strasbourg du 16 septembre 1833 et publiée dans la Barmer Zeitung rapporte : « Dans la région de Niederbronn, l’émigration vers l’Amérique augmente de nouveau fortement. »

Le journal ajoute que plusieurs familles sont parties huit jours plus tôt. Nous sommes cette fois en Alsace du Nord, quelques mois seulement après le départ des familles de Schleithal. Le texte ne permet évidemment pas d’établir une relation entre ces groupes, mais il montre que le mouvement se poursuit dans la région. [19]

Ceux qui reviennent

À la fin de l’année, la tonalité devient parfois bien plus critique.

Une mise en garde officielle de la Regierung d’Arnsberg, datée du 14 décembre 1833, relate l’histoire d’un homme à qui l’autorisation d’émigrer avait été accordée le 26 mars pour lui-même, sa femme et leurs deux enfants. Son frère avait quitté l’Allemagne dès 1817, s’était installé à Baltimore et lui avait fait des propositions avantageuses.

La famille part donc pour l’Amérique.

Mais une fois arrivé, les promesses ne peuvent être tenues. L’émigrant n’aurait plus eu d’autre perspective que de travailler comme journalier pour son propre frère, devenu propriétaire foncier. Il décide de rentrer. Mais il a la possibilité de le faire parce qu’il a conservé suffisamment d’argent et, surtout, parce qu’il avait pris une précaution avant son départ : son exploitation agricole n’avait été transférée à un parent que sous condition. À la fin d’octobre, il est donc de retour et demande à reprendre son bien.

L’administration utilise naturellement cette histoire comme argument contre les départs précipités. Elle explique que le « côté sombre » (Schattenseite) de l’émigration parvient rarement à la connaissance du public, tandis que son « côté lumineux » (Lichtseite) est volontiers présenté par les crédules et ceux qui ont intérêt à encourager l’émigration. Le texte est explicitement intitulé « Mise en garde contre les émigrations ». [20]

Une année d’émigration

Pris séparément, chacun de ces articles ne raconte qu’une petite histoire : quelques bateaux sur le Rhin, deux cents personnes quittant une ville, une lettre reçue d’un frère, un agent proposant ses services, une famille qui revient d’Amérique.

Mis bout à bout, ils donnent une tout autre image de 1833.

L’émigration apparaît comme un phénomène organisé et visible. Les candidats, au départ, échangent des informations, reçoivent des lettres d’Amérique, consultent des intermédiaires, se regroupent, puis descendent les fleuves et les routes jusqu’aux ports. Certains possèdent suffisamment de biens pour financer leur installation ; d’autres espèrent trouver en Amérique un travail et une terre qu’ils jugent difficilement accessibles chez eux.

Les informations circulent dans les deux sens. Les lettres envoyées depuis Cincinnati, Baltimore ou les nouvelles implantations de l’Ohio peuvent encourager de nouveaux départs. D’autres témoignages racontent au contraire la maladie, les difficultés du voyage, l’absence de travail espéré ou le regret d’être parti. Les autorités elles-mêmes commencent à intervenir, à réglementer les déplacements ou à publier des avertissements.

C’est dans ce contexte que, le 17 mai 1833, les familles de Schleithal montent à bord de l’Adeline au Havre.

Ce n’est donc pas un épisode isolé. Leur histoire appartient à ce grand mouvement que la presse allemande de 1833 permet aujourd’hui de voir presque au jour le jour.

Sources et notes

Les journaux allemands cités ci-dessous ont été consultés dans les collections numérisées du portail zeit.punktNRW.

[1] Düsseldorfer Zeitung, 10 février 1833, n° 36, correspondance de Spire (Speier) du 6 février 1833. Le texte évoque au moins 800 émigrants de Bavière rhénane en un mois et souligne, parmi eux, la présence de personnes aisées, voire très fortunées.

[2] Der kölnische Correspondent, 12 février 1833. Entrefilet consacré à la reprise de l’émigration vers l’Amérique en Alsace : la cherté des denrées alimentaires et le poids des impôts sont présentés comme ses principales causes ; M. Solms affirme avoir expédié 2 000 personnes au cours de l’année précédente.

[3] Der kölnische Correspondent, 27 février 1833, correspondance « Vom Main » du 21 février. Le journal rapporte que la population de Friedrichsdorf prépare une émigration collective vers l’Amérique du Nord et qu’un commissaire avait été envoyé sur place au préalable pour étudier les conditions d’installation.

[4] Düsseldorfer Zeitung, 2 mars 1833, n° 53, correspondance de Cassel du 21 février. Plus de 2 000 émigrants originaires du sud de l’Allemagne auraient traversé Cassel en plusieurs colonnes pour gagner Münden ; le texte mentionne un minimum de 500 florins par émigrant.

[5] Kölnische Zeitung, 24 mars 1833, correspondance de Fribourg-en-Brisgau du 18 mars. Le correspondant constate la progression du désir d’émigrer vers l’Amérique et précise que beaucoup des candidats au départ sont des personnes disposant de moyens (Vermögliche).

[6] Der kölnische Correspondent, 1er avril 1833. Article consacré aux agents de l’émigration, présents selon le journal dans presque toutes les villes. Le texte emploie le terme Menschenhandel et distingue notamment les agents travaillant pour des maisons de Brême de ceux opérant pour leur propre compte.

[7] Kölnische Zeitung, 10 août 1833, correspondance de Darmstadt du 4 août. Article consacré à G. Peuscher, qui s’était présenté comme Kommissionär und Spediteur et proposait notamment aux émigrants de Hesse, de Bade et du Wurtemberg leur transport, depuis Oppenheim ou Bingen, par un port hollandais vers l’Amérique du Nord.

[8] Kölnische Zeitung, 29 avril 1833, n° 119, correspondance de Strasbourg du 24 avril. Deux bateaux descendant le Rhin et arrivant à Kehl transportent plusieurs familles suisses émigrant vers l’Amérique. La Kölnische Zeitung donne un effectif d’environ 330 personnes ; d’autres reprises de la nouvelle indiquent 130.

[9] Der kölnische Correspondent, 3 mai 1833, n° 122/123, correspondance du Havre du 21 avril. Récit d’une scène survenue la veille à bord d’un navire américain devant transporter 150 émigrants souabes à La Nouvelle-Orléans : un ecclésiastique distribue le pain consacré aux émigrants agenouillés au moment où le navire quitte la rade.

[10] Westphalia, in Verbindung mit einem öffentlichen Anzeiger, n° 18, Herford, 4 mai 1833, p. 71. Environ 1 000 émigrants allemands auraient récemment traversé Rouen afin de s’embarquer au Havre pour les États-Unis ; le correspondant remarque la présence de nombreux émigrants appartenant aux catégories aisées, notamment originaires de Bavière rhénane.

[11] Kölnische Zeitung, 21 mai 1833, n° 141, correspondance de Coblence du 19 mai. Le 18 mai, trois bateaux transportant environ 300 émigrants wurtembergeois, principalement originaires de la région du Neckar, passent devant Coblence. Parmi eux se trouvent des cultivateurs aisés ; ils envisagent de s’établir dans l’Ohio.

[12] Kölnische Zeitung, 23 mai 1833, n° 143, p. 90, correspondance de Coblence du 21 mai. Passage de plus de cent émigrants de la région de Heilbronn qui envisagent, eux aussi, de s’établir dans l’Ohio : « Auch sie gedenken, sich im nordamerikanischen Staate Ohio anzusiedeln. »

[13] Kölnische Zeitung, 26 mai 1833, n° 146, correspondance de Fribourg-en-Brisgau du 20 mai. Le 19 mai, environ 200 émigrants quittent Fribourg pour l’Amérique et doivent se rassembler à Riegel. Le journal relate également les dispositions prises par les autorités universitaires et la police à l’occasion de leur départ.

[14] Kölnische Zeitung, 11 juillet 1833. Article consacré aux émigrants du Brisgau : 112 personnes ont quitté Le Havre le 16 juin à bord d’un navire prussien pour l’Amérique. Le docteur Weiland, présenté comme président de leur société, relate notamment ses rencontres avec Lafayette à Paris et les lettres de recommandation reçues de celui-ci.

[15] Der kölnische Correspondent, 27 avril 1833, n° 117, correspondance de Cassel du 19 avril. Le correspondant explique que les nouvelles favorables envoyées par des habitants partis l’année précédente aux États-Unis ont décidé d’autres personnes à émigrer en 1833. Il mentionne notamment un homme fortuné dont le frère s’est enrichi à Philadelphie.

[16] Das Sonntagsblatt, 21 et 28 juillet 1833, « Noch etwas über Amerika ». Lettre datée de Neu-Bremen, Ohio, le 8 octobre 1832. L’auteur raconte son voyage depuis Altona jusqu’à Baltimore puis vers l’Ohio, les maladies et décès survenus pendant le voyage, les prix, les salaires et l’achat de 240 acres pour 300 dollars. Il encourage également parents et connaissances disposant des moyens nécessaires à venir le rejoindre.

[17] Das Sonntagsblatt, 25 août 1833, « Auch ein Wort über Amerika ». L’article reproduit notamment une lettre de Friedrich Rese, datée de Cincinnati du 6 décembre 1832. Rese évoque l’arrivée de nombreux émigrants allemands, les désillusions de certains d’entre eux et le rôle de Cincinnati comme point de rassemblement avant leur dispersion vers l’intérieur du pays.

[18] Das Sonntagsblatt, 25 août 1833, « Auch ein Wort über Amerika ». Le même article reproduit également des extraits d’une lettre du cantor Evers, émigré avec sa famille en 1831 et écrivant de Cincinnati le 28 avril 1832. Il traite notamment des métiers susceptibles de trouver du travail, de la nécessité de connaître l’anglais, des ressources nécessaires et des difficultés auxquelles peuvent être confrontés les émigrants insuffisamment préparés.

[19] Barmer Zeitung und Handelsblatt, n° 264, 23 septembre 1833, correspondance de Strasbourg du 16 septembre. Le journal rapporte que l’émigration vers l’Amérique augmente de nouveau fortement dans la région de Niederbronn et que plusieurs familles sont parties environ huit jours auparavant.

[20] Soester Wochenblatt, 28 décembre 1833, n° 52, « Warnung gegen Auswanderungen ». Communication de la Königliche Regierung, Abteilung des Innern, Arnsberg, 14 décembre 1833. L’administration relate le cas d’un homme autorisé le 26 mars à émigrer avec sa femme et ses deux enfants après avoir été appelé en Amérique par son frère, installé à Baltimore depuis 1817. Revenu en Allemagne à la fin d’octobre, il avait pu reprendre son exploitation agricole, transférée conditionnellement à un parent avant son départ. Le texte oppose la Schattenseite et la Lichtseite de l’émigration.

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